INTRODUCTION


Je ne connais pas vraiment le statut légal des nootropique en Europe.

Le mot nootropique lui-même est un terme parapluie qui regroupe des substances différentes..

Dont :

– Des aliments

– Des médicaments sous ordonnance

– Des médicaments sans ordonnance

– Des compléments alimentaires naturels

– Des compléments alimentaires naturels, mais fabriqués synthétiquement


Pour pouvoir être qualifiée de nootropique, une substance doit respecter 5 exigences telles que préconise par Corneliu E. Giurgea qui synthétisa le premier nootropique connu sous le nom de Piracetam, ces 5 caractéristiques sont :

  • Améliorer l’apprentissage et la mémoire
  • Protéger la mémoire contre des conditions qui ont tendance à la faire baisser (hypoxie, etc..)
  • Protéger le cerveau contre des agressions physiques et chimiques (scopolamine, barbiturique, etc.)
  • Améliorer le fonctionnement du cerveau
  • Ne pas avoir les effets indésirables des autres psychotropes (sédation, addiction, etc.)

En 2016 l’Angleterre a fait voter le « psychoactive substance act » cette loi unique en son genre vise à interdire toutes les substances ayant un effet « psychoactif » qui ne sont pas des médicaments sous prescription ou des substances autorisées comme le café et l’alcool.

Cette loi est inédite dans les sens ou elle interdit par défaut toutes les substances même celles qui n’existent pas encore !!

Au lieu d’avoir une interdiction nominative nous avons donc une interdiction « preventive » et par défaut.


POURQUOI UNE TELLE LOI ?


De plus en plus de drogues synthétiques font des ravages, comme le THC synthétique, la cocaïne synthétique, NBOMe…)

Il est de plus en plus difficile de faire une liste détaillée des substances interdites, car une simple modification chimique de ces molécules les ferait sortir du champ d’une loi nominative.

Ainsi, de très nombreuses substances chimiques interdites comme le THC subissent des modifications chimiques qui parfois décuplent leur nocivité tout en les faisant sortir du cadre de cette interdiction.

Une des substances visées est le SPICE qui est du cannabis synthétique, également désigné sous le nom de cannabinoïde synthétique. Vous pouvez voir les ravages de cette substance en regardant documentaire de VICE si dessous SPICEBOYS :



D’autres substances comme le protoxyde d’azote (gaz hilarant) sont dans le viseur


EFFETS COLLATÉRAUX PERVERS


Seulement voilà, si l’on peut comprendre la démarche d’interdire toutes les substances psychoactives dans un but de santé publique, cela risque d’engendrer des effets collatéraux inattendus.

En effets, de nombreux sites de vente de nootropiques basés en Angleterre ont dû fermer leur porte, car ils étaient sous le joug de cette loi.

Plusieurs substances ayant des effets « psychotrope », mais ne représentant pas de danger pour la santé pourraient en effet être interdites si l’on suit stricto sensu cette loi.

D’ailleurs, le poppers très utilisé dans les milieux gays a failli être interdit, il a été décidé ensuite qu’il n’avait pas d’effets psychotropes….

MARINE CORPS BASE CAMP LEJEUNE, N.C. – Spice is originally sold as an incense, but has now swept the military community with controversy as a ‘legal’ designer drug. However, Marine Corps Order 5355.1, issued Jan. 27, directly prohibits the use, distribution, sale and possession of it and others like it. (Courtesy photo)


INQUIÉTUDE DES CHERCHEURS, DES TRANSHUMANISTES, DES DÉFENSEURS DES LIBERTÉS INDIVIDUELLES


Cette proposition de loi a déclenché un lever de bouclier de la part des transhumanistes qui sont des consommateurs de nootropiques, des défenseurs des libertés individuelles qui juge cette loi inutile et qui pointent les dangers du développement d’un marché noir beaucoup moins contrôlable sur ces substances. 

Enfin, les chercheurs ne sont pas en reste, qui va financer ou se lancer dans des recherches sur des molécules qui seront interdites ?

Les nootropiques boosteraient de manière non quantifiable la productivité et la créativité, leur interdiction pourrait couter quelques points de PIB aux pays les interdisant.


UNE LOI SIMILAIRE EN EUROPE ?


Doit-on craindre qu’une loi qui part d’un bon sentiment, mais qui a des conséquences néfastes pour nous autre consommateur de nootropiques voie le jour un peu partout en Europe ? Difficile à dire, mais je pense qu’il n’est pas souhaitable qu’une loi aussi générale soit votée, car les vrais consommateurs de stupéfiant arriveront toujours à se procurer leur ex « legal high »…


AVEUX D’ÉCHEC DES AUTORITÉS ANGLAISES


En 2018, soit 2 ans après l’entrée en vigueur de cette loi les autorités anglaises ont admis que le « psychoactive substance act » était un échec et n’avait atteint aucun objectif qu’il s’était fixé…

Malheureusement, cet échec était prévisible…


CONCLUSION


Les biohacker en herbes, et les transhumanistes ne doivent pas s’inquiéter, car les nootropiques naturels seront toujours légaux, l’idée même d’interdire toute les substances psychoactives et une hérésie impossible à réaliser…

Peut-être que dans le futur des nootropiques synthétiques qui actuellement sont faciles à se procurer par des magasins ayant pignon sur rue et qui effectuent des contrôles qualité seront plus difficiles à trouver ce qui est dommage.

Mais comme actuellement on peut de toute façon se procurer dans le Net des substances délivrées uniquement sur ordonnance [Modafinil par exemple], aucune loi ne pourra empêcher un consommateur de nootropique de s’en procurer, mais la traçabilité et la qualité des produits risquent d’en souffrir si les vendeurs entrent dans l’illégalité.

La responsabilité doit reposer sur l’utilisateur final qui doit pouvoir avoir accès à des informations neutres et fiables. La santé est un bien précieux et il vaut mieux avoir accès légalement à des nootropiques de qualité pharmaceutique, plutôt que de devoir se procurer des substances à l’origine douteuse dans le Darknet…

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